« Tata Farida a raison !  » 1/2

« Tata Farida a raison !  » 1/2

« Tata Farida a raison ! » dixit mon fils.

Ou défense argumentée d’une mère courage contre ses détracteurs.

 

Par Albert Ali.

Si même les enfants le disent…

Quand Farida a lancé la bataille des JRE et qu’elle m’a sollicité pour être un de ses généraux, j’y ai naturellement répondu. Instinctivement, je sentais que c’était la forme la plus pertinente de mobilisation, à même de faire plier le gouvernement socialiste a propos de son projet sociétal dissimulé.
Même mon aîné l’a confirmé et a ajouté : « Tata Farida, c’est la meilleure ! ».

Je n’ai pu malheureusement être continuellement présent pour l’assister dans cette bataille, mère des batailles et bataille discriminante, car révélatrice des impostures des uns, des soumissions idéologiques de beaucoup et des archaïsmes militants des autres.
Nabil Ennasri, mon contradicteur, devenu, je l’espère, le leader de l’anti-gauche musulmane, a su judicieusement me remplacer. Je l’en remercie et espère que désormais beaucoup de jeunes, comme lui, issus du militantisme musulman 2.0, vont opérer leur révolution copernicienne et sortir enfin du modèle militant antiraciste pour s’ouvrir aux questions plus fondamentales, notamment celle de l’appartenance nationale, de l’enracinement français de l’islam et des musulmans, de la transition culturelle des générations nées de l’immigration allogène, de la question identitaire et de l’avenir démographique et migratoire de la France menacée de substitution ethnique.

J’ai assisté avec dégout à la récente volée de bois vert – islamique de surcroit – que Farida a pu recevoir ces dernières semaines.
Je reprends donc naturellement ma plume corrosive pour rétablir quelques vérités et défendre un point de vue plus large sur la question des combats militants communautaires, qui finissent dans la même impasse depuis 30 ans.
Ma solidarité intégrale va à Farida, sans réserves ni fioritures.
Je ne reviendrai pas sur sa déprogrammation pathétique à la RAMF, étant moi-même accoutumé de ce management par l’exclusion. D’ailleurs, même Tariq Ramadan fut à une époque persona non grata au Bourget.

Mais visiblement, quand le frère Tariq diverge avec l’UOIF, c’est d’une tout autre nature. Il peut par exemple lui dire publiquement, sous l’ère Sarkozy et sa courte idylle pré-électorale avec la RAMF 2007 : « L’UOIF est à Sarkozy ce que Ni putes, Ni soumises sont au PS ». On lui pardonnera cet écart de langage et il sera, à nouveau, la figure emblématique de cette rencontre voulue comme plurielle et à l’image de tous les musulmans de France.
Alors, dire que les propos de Farida sont excessifs, ce sont les notables à l’hôpital, de l’islam de France, qui se moquent de la charité militante belghoulienne, les excès des uns étant toujours relatifs à la place qu’ils occupent dans la hiérarchie sociale et, pour ce qui nous occupe, relatifs à la valeur symbolique militante que chacun arbore. Les bénévoles de la RAMF en savent quelque chose. Militants d’en haut et militant d’en bas.

Comprenne qui pourra…

Il y a toujours eu dans l’histoire humaine, celle de la monarchie comme en sociologie des organisations modernes, une hiérarchie due à la fonction, et, partant, une immunité relative des propos et des actes, selon le rang social ou la célébrité.
A Tariq, on pardonnera la comparaison publique aux Ni-Ni, Farida probablement plus jamais à la RAMF.
C’est loin de la justice et de l’égalité républicaine laïque, c’est aussi contraire à l’éthique musulmane, mais c’est la norme chez nous autres humains, soumis aux déterminations et contingences politiques, et j’ajouterai, en ces années 2010, aux contingences affairistes.
Comprenne qui voudra…

Les JRE ou le train de retard des fédérations musulmanes.

Pour moi, les JRE sont effectivement la mobilisation la plus pertinente de toutes nos formes de mobilisation depuis, disons le, la création de l’Etoile Nord-africaine de 1926 pour ne pas remonter plus loin.
Bientôt un siècle de militantisme « musulman » en France, petit rappel chronologique pour nos jeunes cyber-militants étourdis, qui redécouvrent aujourd’hui le Hassan Al Banna de 1928 ou la loi 1901 sur la liberté d’association.
Essai d’explication pour ceux qui confondent action militante ponctuelle, symbolique, mais éminemment efficace, issu d’un génie militant aguerri et créatif, comme celui de Farida, et une pseudo déscolarisation massive et permanente des enfants, qui n’a jamais été à l’ordre du jour.
Confusion volontaire due à l’archaïsme militant de nos acteurs JRE-critiques ou incompétence certaine et ignorance des règles de la transgression militante et de l’agit-prop ?

Les Femen, elles, ne s’interdisent pas leurs JRV – Journées de Retrait des Vêtements – sous prétexte du respect de la loi, jusque dans le blasphème public et la vulgarité. Elles ont parfaitement compris et maitrisé les formes de communication adaptées à l’esprit charognard des merdias.
Les nôtres, par contre, préfèrent les pincettes et dialoguer avec les medias-menteurs complices et acteurs du système.
Expérience militante de Tata Farida, que nos jeunes partisans zélés – jeunes puceaux boutonneux du militantisme islamique – auteurs de coms-facebook et autres articles dénigrants sur le net, sont incapables de comprendre, le sectarisme associatif étant l’un des traits caractéristiques de cette nouvelle génération de militants semi-virtuels, que nos années 90 avaient pourtant essayé d’éviter.

Qu’ils ne puissent pas comprendre l’action de Farida, ni sa personnalité, c’est normal !
Il a fallu cinq heures de discussion avec elle pour que Nabil Ennasri puisse enfin prendre conscience de l’envergure réelle de Tata Farida et de la profondeur historique de son combat.
Sans oublier la mémoire qu‘elle représente, il en est revenu transformé et respectueux de notre grande sœur et en a témoigné sur son profil FB.
Nos jeunes militants cyber-défenseurs de la RAMF n’étaient pas nés, l’UOIF – dont une partie des cadres étaient encore en Afrique – venait seulement d’apparaitre dans le champ associatif immigré de France, notre frère Tariq débutait son périple africain de jeune militant tiers-mondiste loin des questions sociales françaises, quand Tata Farida arpentait déjà le pavé parisien à la tête d’une formidable mobilisation des enfants issus de l’immigration pour revendiquer tout ce que les mouvances militantes actuelles continuent de réclamer, 30 ans plus tard, sans le moindre acquis depuis lors.

Farida convergeait effectivement déjà en 1983-1984 vers Paris contre les coalisés du moment, déjouant les premiers pièges du PS français associé à une partie de l’Eglise officielle, refusant les avances corruptives de Julien Dray et de ses sbires trotskystes communautaires reconvertis dans la manipulation beur.
Fadela Amara passait alors son CAP couture, quand Farida finissait sa Fac d’économie et obtenait un prix Hermes de littérature pour son Georgette, devant des grandes plumes des maisons d’édition.
Un jour, elle nous racontera comment la trahison réelle de cette cause historique a eu lieu.

Nos jeunes espoirs militants actuels comprendront alors à quel point il est vain de vouloir militer dans la matrice musulmane ou immigrée française, tant le système est vicié en son cœur nucléaire. On saura enfin que les trahisons d’hier continuent encore aujourd’hui de résonner de leur écho – comme le sanglot de Judas – au sein de l’appareil associatif des immigrés et de leurs enfants.
Simplement parce qu’elles ne sont pas une exception historique ou un manque d’efficacité politique de la génération pionnière des « beurs », mais simplement le produit d’une constitution mentale et ethno-raciale, de populations transplantées au cœur d’une République laïque décadente, habituées aux trahisons inter-tribales depuis des lustres en terre d’islam.

Précurseur, Farida posait déjà de façon originale la question sociale, la question citoyenne et l’appartenance à « Madame la France » et parlait déjà, de convergence avec les mouvements chrétiens. Avant l’avènement de « l’Islam de France« , version théologico-politique UOIF ou consulaire soumise CFCM, d’un islam militant conservateur ou encore de patriotes musulmans, avant les associations pour la mémoire immigrée ou celles prêchant la réconciliation nationale, Farida avait déjà soulevé les grandes questions et les plus déterminantes qui nous occupent aujourd’hui.
Effectivement, je dirais, à ceux qui veulent faire de la cause musulmane nationale, une chasse gardée et se voient en seigneurs du domaine militant, on ne joue pas dans la même cour ! Il y a les pionniers et les copieurs, les fondateurs et les héritiers, les esprits novateurs et les pensées sclérosées et incapables de créativité. Chacun pourra classer nos acteurs actuels dans cette typologie.
J’espère que Farida nous fera partager bientôt ses mémoires inestimables au sujet d’une époque où s’est joué l’avenir des pionniers militants et qui conditionne encore aujourd’hui toutes nos tares héritées, nos contradictions et l’absence d’issue à nos combats pour des droits jamais obtenus en définitive.
Pour paraphraser un célèbre national-socialiste, on est toujours coincés dans la cabane au fond du jardin.

Depuis 1983 – 1984, nous n’avons pas produit de mobilisation plus conséquente que la marche des beurs et la Convergence 84, belghoulienne…
Même l’opération plomb-durci de la démocratie « du peuple élu », selon l’expression de Kassovitch, n’a pas mobilisé les nôtres à un tel niveau.
Je reviendrai un jour sur cette fracture temporelle et générationnelle entre des univers militants, des pionniers et des héritiers, qui n’ont pas pris le temps de se rencontrer, ni d’assurer la transmission et l’héritage.

Pour revenir aux JRE, il faut préciser que, tant sur le plan de l’efficacité politique que dans leur simplicité d’action, gratuites et sans engagement, populaires, trans-courant et œcuméniques, les JRE ont fait de chaque parent un acteur de premier plan.
La démographie étant l’atout du peuple, les JRE auraient pu – si elles n’avaient trouvé autant d’entraves chez les nôtres, aggravées par l’attentisme de la bourgeoisie catholique, pourtant rodée aux bras de fer scolaires – être bien plus que cet événement populaire historique, qui a fait reculer Peillon et sa religion laïque pour tous.
A l’instar de la fission nucléaire, les JRE auraient pu faire converger Versailles et La Courneuve, la mosquée et l’Eglise, dans une véritable réaction en chaine qui aurait certainement renversé le gouvernement.
Moins de 40 000 enfants on fait la JRE en mars, et Peillon et le gouvernement ont bégayé et tremblé !
Si les millions d’enfants représentés par les manifs pour tous et les 500 mosquées engagées dans les grandes fédérations, appuyées par les sites web communautaires avaient suivi ?

Beaucoup ne saisissent pas qu’en inaugurant une forme de mobilisation inédite  – fruit de l’expérience de terrain et de la confrontation avec nos maitres roses déjà en 1983 – Farida a conçu l’outil militant le plus adapté à la configuration du rapport de force établi entre les ambitions politiques des élites et le peuple.
Les media menteurs étaient boycottés et ceux libres du Net, au contraire, assumaient enfin leur rôle d’information populaire en surpassant les medias du système.

Rien que cette action de délégitimation des médias dominants devrait être, pour nos sociologues militants contre les stéréotypes de genre, un vrai sujet d’intérêt, au lieu de se laisser absorber par l’idéologie dominante pour être modernes.

Je reviendrai aussi sur cet appauvrissement intellectuel et manque de pertinence de nos étudiants et conférenciers, cette soumission de plus en plus évidente aux normes sociétales dominantes.

Les JRE, sur le fond comme sur l’esthétique et la forme, sont effectivement l’arme asymétrique la plus adaptée pour répondre à cette guerre non conventionnelle, que nous imposent nos élites dirigeantes.
Les autres modes d’action traditionnels, comme les manifestations, qui finissent sous les matraques des CRS, ou les pétitions – elles, c’est à la poubelle du ministère sous les rires amusés des élus du peuple qu’elles achèvent leur course postale -, ou bien encore les discours mobilisateurs, tels les prêches des vendredis destinés à enrôler les parents dans les conseils de classe et qui sont aussitôt oubliés à la sortie de la mosquée, quand les prêcheurs ne sont pas franchement contre les JRE, ce qui est un comble, toutes ces mobilisations archaïques sont vouées a l’échec, l’histoire ne cesse de tristement nous le rappeler.

Dire non aux JRE sur la chaire du vendredi au prétexte que les clercs religieux n’auraient pas été sollicités, ou dénoncer l’usage des enfants comme « bouclier », tel est l’argument décisif que notre classe dirigeante musulmane nous propose !
On se suffit parfois des siens comme premiers adversaires.
Argumentation pitoyable et faiblarde, « bouclier », c’est déjà l’aveu qu’effectivement nous sommes en guerre, mais encore plus grave, c’est fermer les yeux sur la violence inouïe, que subissent nos enfants à l’école pédagogiste et constructiviste post 68 depuis des décennies. L’illettrisme pour tous étant aujourd’hui la forme la plus visible de cette laideur éducative de masse.
C’est encore une fois cette posture de l’autruche, qui refuse de voir que Marc Dutroux fait cours à ses enfants et préfère se disputer sur le mot d’absence à mettre sur le carnet de correspondance !
Pauvre de nous…
Pendant ce temps, beaucoup d’enfants d’imams, de leaders musulmans et de musulmans du quotidien sont en train de subir la plus grande opération de transformation sociétale accélérée de l’histoire humaine.
Pour ne blesser personne, je ne parlerai pas de l’état de désastre psychologique, spirituel et moral de beaucoup de nos enfants, notamment de la classe dirigeante musulmane. C’est tellement violent à constater et si triste de voir cette zombification d’une génération entière, censée être la relève des institutions musulmanes de France.
Pour terminer, je le réitère, mon fils a raison, Tata Farida est la meilleure sur la pertinence du choix de l’action, sur le moment et le lieu, mais aussi et c’est déterminant, sur les alliances avec le front catholique, qui a reconnu en elle pas moins que « la Jeanne d’Arc musulmane ».
Comme c’est l’Abbé Guillaume de Tanoüarn qui le premier l’a formulé, au centre St Paul devant un public chrétien séduit par la verve de notre Tata, on ne peut qu’acquiescer.
La fascination que portent les chrétiens authentiques, y compris les plus islamophobes d’entre eux, pour Farida devrait susciter l’intérêt de nos militants musulmans du sérail, c’est du jamais vu !
Une convergence inédite et sincère, au delà des clivages théologico-politiques, la métapolitique en action, concrète, palpable et désintéressée, loin des misérables tentatives électoralistes dites « listes indépendantes » ou officiellement UMPS.

La constitution mentale de notre classe dirigeante musulmane et l’ignorance des combats politiques français de nos jeunes activistes continuent d’empêcher cette convergence 2014 voulue par Farida, sous prétexte toujours « des heures les plus sombres… »
J’ai moi-même en 2013 entamé le débat avec ceux qui sont censés incarner nos ennemis, Civitas ou Ozon, poursuivi par Farida aujourd’hui, avec des personnages encore plus opposés à la présence musulmane en France. Pourtant, beaucoup continuent encore de ne pas comprendre que c’est notre logiciel islamique profond, qui naturellement nous pousse à un rapprochement islamo-catholique authentique sans syncrétisme niais.

Il faut donc, continuer à entamer cette digue gauchisante – pour la briser définitivement – cette barrière politico-idéologique, qui encercle les communautés musulmanes françaises, les enferme dans des réflexes PS électoraux pavloviens et permet aussi la main mise de la sociologie de gauche, sur toutes les thématiques liées à l’islam et l’immigration (anticolonialisme, antiracisme, immigration, question sociale…).
Si R.Liogier et sa Muslim Pride musulmanolatre, pouvaient rester chez lui et être remplacé par A. De Benoist et sa posture islamo-juste et tiers-mondiste, à la RAMF, on aura un peu progressé.

(…)

A suivre

2 Commentaires

  1. MOHAMED
    13 mai 2014

    salam abdel ali je suis de denain ah denain JE NE TE DIRAIT QU UNE CHOSE MON FRERE VASY WALLAH VAS Y ALLAH EST AVEC TOI TON TRAVAIL EST MAGNIFIQUE TON FRERE MOHAMED DE LA MOSQUEE D ESCAUDAIN

  2. Mehdi
    18 juin 2014

    Bonsoir, c’est la première fois que je vous lis. Pertinent, honnête et efficace votre style au vitriol n’a d’égal que la justesse de votre analyse. Merci.

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