Vers un zawaj homo halal ?

Vers un zawaj homo halal ?

Vers un zawaj[1] homo  halalisé ?

Comment peut-on oser adosser à une innovation sociétale aussi satanique que le mariage homo la notion coranique, si pure, de « halal » ? Presque un blasphème pour les uns, simple jeu de mot insidieux pour les autres. Pourtant, on risque d’y arriver sérieusement. N’avons-nous pas déjà eu l’occasion de découvrir un mariage fatha médiatisé, une manif avec deux imams – gays assumés -  venus des USA et d’Angleterre, qui prêchent sur le minbar le vendredi ? Et même une imamette se prosternant devant des rangs mixtes en psalmodiant le Coran en anglais ?

Alors, qu’on se rassure, ces épiphénomènes ne sont pas représentatifs. La décadence morale, c’est pour l’Occident, c’est pour les souchiens, pas pour nous autres, presque élus assurés d’une place garantie au paradis. Qu’ils crèvent alors !

Nous, nous sommes sûrement parfaits : on prie, on jeûne ; on est effectivement parfaits, immunisés contre ces vices modernes, parfaits donc, mais parfaits comme la mort, nous rappelait M. Bennabi.

Nos mouslims de France  restent toujours attachés aux formes et oublient le fond.
En se tenant à l’écart des questions sociétales, nous commettons une grave erreur de priorité, ainsi qu’une violation des fondamentaux posés par la Révélation coranique, censée être la référence pour nombre de nos militants musulmans. Prompts à se mobiliser pour des combats accessoires, tels les discriminations avérées ou fantasmées, l’injonction mémorielle toujours vivace en 2012, ou encore l’antiracisme idéologique, nouvelle religion dominante prêchée par le discours public.

On voit malheureusement tardivement des militants musulmans, des mosquées, manifester en province et à Paris contre le mariage pour tous, quelques communiqués aussi sont apparus. On est surpris par la  radicalité du Recteur Boubekeur, qui surpasse le texte plus policé de l’UOIF. Pourtant, cette récente évolution n’occulte pas l’absence criante des nôtres depuis des décennies, sur le terrain de la résistance face aux grandes innovations sociétales.

Où étaient nos militants devant les ignobles attaques scatophiles sur le visage du Christ ?
Où sont-ils lorsque l’avortement est érigé en modèle contraceptif pour libertines fainéantes, même à 12 ans ? Où sont-ils lorsque les leaders de gauche, qu’ils prennent souvent pour alliés, promeuvent le militantisme pédophile ? Aujourd’hui, quand nos alliés élues EELV, organisent à Lille un mariage lesbien – seulement « symbolique », nous disent-elles – que disent nos militants de gauche ?

Ils sont verts et s’enferment dans un silence confus, symbolique lui aussi ?

Parce qu’ils confondent les causes et les conséquences, les enjeux globaux et les luttes accessoires, la prospective et l’intérêt immédiat d’une classe dirigeante musulmane majoritairement irresponsable, ils hypothèquent peu à peu le futur de nos enfants.

Que signifie exiger aujourd’hui une égalité des droits et demain la fin de la discrimination pour nos enfants, si ces derniers finissent par avoir des camarades de classe avec trois papas, dont un qui vient d’accoucher par procréation assisté ou homo-gestation qu’exigent justement nos alliés Verts ?

Comme pour la vulgarisation de la contraception au collège, la question du mariage gay – dit « pour tous » – engage une société entière dans un palier supplémentaire vers la désagrégation des structures fondées par la Tradition. Palier supplémentaire, qui nous pousse toujours plus vers une pente sociétale décadente et irréversible.

Comment, en effet, critiquer la mini jupe de Mme Raoult quand, bientôt, deux mini jupes pourront se marier entre elles ? Comment critiquer les relations hors mariage quand le mariage est devenu minoritaire ?
Comment justifier la coiffe des musulmanes – encore majoritaire dans nos campagnes catholiques au début du XXème – quand Tammy fait des strings pour fillettes de 10 ans ?

Comment promouvoir une éducation sexuelle traditionnelle quand les socialistes suisses et français proposent des films X comme support pédagogique ?

 

Prisonniers des catégories dominantes.

L’une des principales causes de ce déficit d’analyse provient de notre incapacité à penser nos catégories et les rendre opérationnelles dans le débat. Nous raisonnons depuis toujours, finalement, par l’entremise d’un appareil conceptuel totalement hérité de nos dominants (historiens officiels de la colonisation, mouvements antiracistes parrainés, mimétisme communautaire avec les juifs).
Se dégager de ce carcan méthodologique est une priorité : c’est la première condition de la véritable autonomie tant revendiquée. La perspective musulmane fondée sur ses catégories propres, sa vision du monde inspirée par le ciel, son projet de société, est totalement absente de nos réflexions, sauf par le slogan.

Tels les islamistes aujourd’hui aux manettes des gouvernements arabes, mystérieusement abandonnés par l’Empire, qui réalisent que brailler dans la rue : « l’Islam est la solution » est bien plus aisé que penser l’autodétermination alimentaire. Obligés, désormais, au Caire et à Tunis, d’emprunter avec riba  quelques milliards aux usuriers maudits du FMI. Ou sont les pseudos banques islamiques pour la reconstruction et le développement ?

L’Algérie prête cinq milliards au FMI, le Qatar empoisonne de dix milliards pétroliers les fleurons français de l’entreprenariat hexagonal et nos frères muz Égypte négocient pendant ce temps – fatwa à l’appui – avec C. Lagarde 4,8  milliards, le monde à l’envers !

Je me souviens aussi, en 2005, d’une jeune indigène de la République, accompagnée de deux ou trois militants venus de banlieue, lors d’un débat sur le foulard où je côtoyais B. Stasi. Lors d’une deuxième table ronde, notre militante, visiblement énervée par le discours paternaliste d’une bourgeoise du parti radical, lui rappela promptement qu’il existe encore dans les discours des élites la preuve d’un « continuum colonial » !

Elle se rassit satisfaite, en réajustant son string ostensible accolé à un jean taille basse – c’était la mode à l’époque – continuum colonial, toujours présent en effet, elle était assise dessus !

Contre le premier lobby dénoncé par le Coran.

Réintégrer nos catégories dans le combat, passe d’abord par la nécessaire compréhension des véritables enjeux sociétaux, bien plus déterminants que les luttes en apparence évidentes.
Le premier lobby gay de l’humanité a été dénoncé dans ses pratiques manipulatoires, ses mensonges et sa violence, par le texte coranique. Le récit du peuple de Loth, peuple de la Sodome biblique, nous est présenté comme un véritable travail de sape des fondements de la civilisation et de la nature primordiale.

Ce qui distingue l’homosexuel solitaire et dissimulé du lobby gay, c’est la capacité de nuisance d’un réseau élitiste, qui s’arroge, comme pour tous les lobbies – y compris celui rêvé par les musulmans français – le droit de représenter une minorité.

Le lobby gay de l’époque du patriarche Abraham et du prophète Loth, selon le récit coranique, assume publiquement ses positions idéologiques, lorsque sa stratégie fût aboutie. Une fois parvenu à la domination, il impose alors par la violence ses propres représentations antinaturelles.

Reprochant à Loth de leur avoir dissimulé ses invités – de jeunes éphèbes particulièrement beaux – et, condamnant la notion de pureté, ils décident d’expulser de la société ceux qui ne se soumettent pas à leur ordre sociétal, par éthique et vœux de piété !

Comme aujourd’hui, les clercs et les porteurs du discours dominant clouent au pilori toute tentative de critique par la réduction habituelle au fascisme ou à la réaction.

D’ailleurs, nombreux sont nos militants qui nous disent que, certes le mariage homo c’est grave, mais que c’est une fatalité sociale qu’on ne pourra empêcher ; alors, par souci d’alliance gauchiasse, il faut taire notre désapprobation ou, du moins, l’exprimer par euphémisme !

Comment interpréter ce comportement de soumission, si ce n’est par l’intériorisation de catégories de lecture exogènes ? Soumission encore une fois justifiée par de bas intérêts électoralistes, parce qu’ils persistent à croire, à l’heure du gouvernement mondial de Jérusalem, rêvé par Attali et ses cousins, que les enjeux électoraux ont encore du sens !

Idéologie des droits de l’homme, mère naturelle du mariage pour tous.

Le débat sur le mariage homo pose, dans toute son acuité la question de la modernité. Véritable débat de fond occulté par nos élites dirigeantes. La « noblesse » de mosquée, les écrivains et penseurs musulmans, les acteurs et militants de terrain, quasiment tous ont admis le statut quo républicain,  sans possible remise en question.

Assoiffés de droits et de républicanisme, soit pour combler le déficit vécu dans les pays d’origine ou par adhésion militante au catéchisme républicain – désormais la nouvelle religion du prophète Peillon à l’école – nos élites dirigeantes n’imaginent même pas critiquer l’ordre établi ou proposer une alternative radicale.

D’ailleurs, s’ils le tentaient, un second Merah viendrait tétaniser toute possibilité de parole publique dissidente. Ainsi va l’islam institutionnel en France, prisonnier dans l’hexagone laïcard, enchainé à des références exogènes, il doit croupir dans le cachot séculier, jusqu’à être sevré et vidé de toute transcendance capable d’initier un souffle nouveau.

Coincés dans un cadre et un référentiel républicain incontestables, les frontières du débat et du terrain sont clairement délimitées, il ne nous reste plus qu’à nous faire les relais du système idéologique en espérant gagner des gages de militantisme par quelques revendications, manifs et autres printemps des quartiers.

Pendant ce temps, la mécanique idéologique des droits de l’homme, continue d’oxyder le peu de spiritualité et de soif d’éternité encore insatisfaite, le mariage pour tous n’étant que l’aboutissement naturel de cet ordre humain, de cet homme devenu dieu. Cet homme et ses droits infinis, son plaisir prioritaire et son hédonisme surpassent tous les combats et nous emporteront peu à peu vers notre Vatican 2 islamisé.

Des imams sionistes en pèlerinage – avant Marine – à Yad Vashem, aux mosquées gays, ce n’est qu’un début ; quand il sera trop tard, nous pourrons alors maudire Satan et oublier nos propres carences.

La modernité et les droits de l’homme ne pouvaient qu’accoucher indubitablement du mariage pour tous. Combattre l’effet et oublier la cause, c’est inverser la logique, la petite cause des droits de l’homme nous amène à de gigantesques effets irréversibles.

Alors, en espérant ne pas arriver au ralliement de la Mosquée, prions pour nos enfants, le monde qui les attend sera incontestablement laid, inversé et contre-nature, comme l’avait promis Satan !

{ (…) je leur ordonnerai d’altérer la Création du Seigneur. Quiconque prendra Satan pour maître à la place de Dieu est voué à une perte certaine. } Coran 4-119

 

Albert Ali
Place Tahrir – Le Caire
Le 29 novembre 2012


[1] Zawaj : mariage en langue arabe

4 commentaires

  1. Jean Valjean
    3 fév 2013

    Salam Albert,

    As-tu des sources concernant la fatwa qui aurait sanctionnée l’emprunt de l’Égypte auprès du FMI ? Je suis curieux de voir les arguments…

    Un vrai plaisir de te lire, en tant que mouslim/souchien j’ai vraiment le sentiment de lire un frère, un vrai.

    Amitiés.

  2. Monseigneur Bienvenu
    6 mar 2013

    Jean, rends-moi tout de suite mes couverts !!

  3. sophie
    28 mar 2013

    Bonjour Albert,
    Je vous ai découvert récemment lors d’une entrevue avec Franck Abed et je vous trouve formidable : je ne suis pas musulmane, mais catholique et je partage pourtant votre point de vue sur la situation actuelle complètement décadente de notre société. Jusqu’ ici, j’avais tendance à faire profil bas, essayant de protéger mes 4 enfants des ravages de cette vulgarité ambiante. Je comprends aujourd’hui que les musulmans de France sont dans ce combat et cela me donne un peu d’espoir. Merci

    • Albert Ali
      29 mar 2013

      Bonjour,

      Merci Sophie pour vos encouragements.
      Construire le front de la foi et plus largement un front de la tradition, est une urgence.

      A.A

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